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Le 1er Mai 1947, paraissait, dans un journal local, cet article retraçant la vie de Georges LE PENVEN. Comme vous pouvez le constater, les LE PENVEN ont toujours aimé voyager, et se sont passionnés pour la mer. |
Georges & Eugénie LE PENVEN |
EXCLUSIVITÉQuelques reproductions de comptes rendus sont affichées ci-dessous. Elles n'ont pas paru dans la presse avec l'article. La transcription de ces faits est intégralement mis à côté de ces quelques pages écrites par Georges LE PENVEN.Si vous désirez en savoir plus sur Georges LE PENVEN, cliquez sur son nom. |
En 1938, le prince Paul Murat, président de la Société d'Ornithologie, rendit visite à M. Le Penven, retraité de la marine, demeurant rue de l'Yser, à Perros-Guirec, et lui demandait de vouloir bien accepter les fonctions de garde de la réserve ornithologique des Sept-Iles L'extrême amabilité du prince, ses pressantes sollicitations et le goût de la mer eurent tôt fait de triompher de la résistance de M. Le Penven qui accepta Dès les premiers jours de 1939, commissionné par l'administration des Eaux et Forêts, M. Le Penven prêtait le serment requis par la loi et héritait de la garde des Sept-îles, assumée auparavant, depuis une dizaine d'années, par M. Borvo.
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Direction Générale
des Eaux et Forêts Nom, étendue et limites de chaque partie de bois et des cours d'eau comportant le triage Réserve des Sept Iles Le présent
livret, contenant quatre-vingt quatorze feuillets, a été
remis à M. |
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M. Georges Le Penven qui, soit dit en passant,
est un enfant de Pleumeur-Bodou, où il est né en 1888, est un
marin, fils de marin, marié à une fille de marin. À 13
ans, le voilà mousse, se lançant sur les routes maritimes qui
le conduiront vers toutes les nations du monde, sauf en Chine et au Japon
Un coup de tête, et il débarque en Australie, où il vivra
de 1905 à 1907 à garder les moutons. Ayant gagné San-Francisco,
en 1907, il y restera deux ans. Témoin d'un tragique tremblement de terre,
il s'embauche au déblaiement . Ce n'est pas un métier. Il en cherche
un, mais n'en trouve pas. Il fait un peu de tout pour gagner son pain.
Soit par sagesse, soit par nostalgie, sans doute par l'une et l'autre, il se
décide à rembarquer et, en 1909, il est rapatrié. Entré
au deuxième dépôt à Brest, il suit le cours de gabier,
puis devient instructeur sur le Calédonien. De 1913 à 1916,
il séjourne à Casablanca. De retour dans la métropole,
il est patron de la Sonde, bateau hydrographe. Solnique l'accueille en
1917 en qualité de commissaire du Gouvernement français à
bord d'un bateau grec. Le titre était plus agréable à M.
Le Penven que la fonction : il lui fallait dormir dans sa cabine avec un revolver
sous l'oreiller.
Fin 1919, à bord du Fossé 1, remorquant le Chasselou-Laubat,
M. Le Penven revient en France pour un court séjour, va à Bizerte
et se fait vite rapatrier. En mars 1921, il est nommé, avec le n°
1, maître de port au Cameroun, où il demeurera jusqu'en 1928, laissant
derrière lui de nombreuses et utiles réalisations : phares, ponts
et autres. Ami des animaux, M. Le Penven, au Cameroun, ne s'intéressait
plus aux moutons, mais aux éléphants !
Ayant réintégré la marine en 1928, M. Le Penven embarque
à bord du Nancy, qui, à Toulon, fait fonction de remorqueurs
de but
Cette carrière mouvementée prend fin en 1934.
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2 Avril 1939 6 Avril 8 Avril 10 Avril |
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Citoyen du monde, certes,
par cette vie errante à travers toutes les mers, au milieu de toutes
les races, rencontrées sur tous les continents
Mais M. Le Penven
est un bon et grand Français qui a servi son pays de tout son cur.
Ses services dans la marine lui ont valu, avec le grade de premier maître
de manoeuvre, la croix de chevalier de la Légion d'honneur et la Médaille
militaire.
Faut-il dire aussi que M. Le Penven a obtenu la médaille de sauvetage,
le legs Henri Durand, de Blois, et plusieurs témoignages officiels de
satisfaction ? En octobre 1913, il est resté 18 heures à la mer
pour porter secours aux naufragés de trois bateaux qu'un raz-de-marée
avait fait sombrer. L'année d'avant, il avait plongé dans le Penfeld
pour en sortir un gosse qui se noyait
Complétons ces quelques renseignements en disant que M. Le Penven a eu
quatre enfants, dont deux sont, hélas, décédés.
Il a un fils marin, qui sert à Saïgon, et est lui-même père
de trois enfants. Sa sur vient de mourir en Angleterre. L'un des fils
de son frère, établi en Amérique, est tombé à
Pearl-Harbour. Il était commandant d'une forteresse volante.
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3 janvier 1940 8 Janvier 13 Janvier 24 Janvier 27 Janvier |
Connaissant la noble vie de
marin de M. Le Penven, nous ne saurions nous étonner du choix du prince
Paul Murat et nous comprenons que celui-ci ait insisté pour obtenir son
acceptation au poste de garde de la réserve ornithologique.
Nous n'entreprendrons pas, aujourd'hui, de conter l'historique de cette réserve.
Précisons seulement qu'elle a pour but de protéger les oiseaux,
pour la plupart migrateurs, dont on a remarqué, il y a quelques années,
la présence aux Sept-Iles. Parmi ces oiseaux, signalons les macareux,
appelés communément calculots dans le pays, des religieuses, des
pies de mer, des pingouins, des faucons, et, inévitablement, des goélands
et des cormorans. À toutes ces espèces, ajoutons les fous de Bassan,
nouveaux venus, qui semblent fort se plaire dans nos régions. Ces fous
de Bassan, par le passé, survolaient les Sept-Iles lors de leurs migrations.
Mais ne s'y arrêtaient pas. Un beau jour ils s'y sont posés et
depuis ces rochers les reçoivent chaque année.
Il nous est aussi impossible de nous attarder aux murs curieuses de ces
hôtes de nos îles. Sachons, toutefois, que les macareux, par exemple,
venus aux Sept-Iles dans la première quinzaine d'avril et qui en partiront
vers la mi-août, ne pondent que deux ufs par an au maximum, et souvent
ils n'en pondent qu'un. Et il nous sera aisé de comprendre pourquoi s'impose
la protection de ces oiseaux dont l'espèce disparaîtrait vite si
l'on laissait agir à leur guise les braconniers et les ornithologistes
de fantaisie
Pour que cette protection soit efficace, un garde est nécessaire.
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13 juin 1940: Sorti, rien de particulier. |
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Il y a, hélas, en effet,
des ennemis de ces oiseaux rares
Parmi eux, citons d'abord le braconnier
qui tire sur eux dans le seul but de faire voler des plumes - ces volatiles
ne sont pas comestibles - puis, l'ornithologiste de fantaisie qui tient à
parer sa salle à manger d'un macareux ou d'un pingouin empaillés
; enfin, celui qui, ayant à la fois dans la peau, les vices du voleur
et ceux du trafiquant, dérobe les ufs pour les vendre ! Et les
vendre comme des ufs de poule ! ! ! Un conseil aux acheteurs : ne les
faites pas couver !
Naturellement, l'occupation a porté un coup très sensible à
la réserve ornithologique. Les Allemands, en dépit des démarches
dont ils étaient l'objet, tant de la part des ornithologistes français
que de la part de ceux de leurs chefs qui comprenaient la valeur de cette réserve,
tirèrent maintes coups de fusil dans les oiseaux
Ils ne parvinrent
pas à les exterminer, ni à les éloigner de ces rochers,
mais ils réussirent à faire disparaître totalement les moutons
de Shetland qui occupaient une des îles. Il y en avait 59, issus d'un
couple offert au rpince Murat par des amis anglais. Ces moutons, qui n'ont pas
de laine, mais du crin, et ont des têtes de mouflon, sont des animaux
sauvages fort rares.
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14 juillet 1940 :
qu'ils ne
tireraient pas sur les oiseaux. Tous ces Messieurs ont été
très corrects. |
M. Le Penven est chargé
de réprimer sévèrement tous actes de braconnage et de vol.
Il dresse des procès-verbaux qu'il fait parvenir aux Eaux et Forêts,
à Rennes et rend compte à la Société d'Ornithologie
à Paris. Il lui rend compte, de plus, de tout ce qui se passe sur les
rochers : venue des oiseaux, accouplement, ponte, couvée, éclosion,
ébats, départs
et aussi des virées
celles-ci
ne peuvent se faire qu'avec l'autorisation de Paris - des amis des oiseaux qui
ne doivent pas se présenter avec des armes
Parmi les visiteurs
nous avons relevé le nom du sous-préfet de Guingamp.
Pour effectuer ses rondes, le garde des Sept-Iles ne dispose en propre d'un
bateau. Il emprunte en ce moment un petit côtre à moteur et à
voile, La Mouette, qui appartient à son ami, M. Génis.
Ces rondes ont lieu chaque jour que le temps et la marée permettent
Mais parfois il y a des surprises, c'est ainsi qu'en novembre 1940 - après
un incident grave qui l'opposa aux Allemands - M. Le Penven avait gagné
les Sept-Iles pour y planter un "verboten". La tempête survint
à l'improviste et le bateau coula. Il fallut passer la nuit sur les rochers
fouettés par un vent glacial
Fort heureusement, les mauvais jours ne sont pas les plus nombreux et le registre
des inspections s'enrichit d'une collection de compte-rendus admirablement calligraphiés
P. H.